30.03.2010
Dans sa pratique, le projet a touché les domaines suivants
1. Apprentissage professionnel dans les différents métiers de l’artisanat, qui s’est déroulé de la manière suivante :
· Ecoute des enfants et choix des filières de formation
· Sélection d’ateliers et de maîtres artisans dans les quartiers
· Placements des enfants dans ces ateliers pour la formation pratique
· Formation théorique suivant la filière au niveau du centre
· Réactualisation des connaissances en français et alphabétisation en wolof sur des thèmes liés à la formation
· Supervision au niveau des ateliers par des animateurs-relais
· Evaluation lors des rencontres des cadres de concertations sectoriels
2. Education civique sociale et juridique:
Épine dorsale du projet, cette dimension a permis d’arriver à un changement de comportement des enfants par rapport à leur milieu et leur ouverture aux autres acteurs sociaux au niveau local et national.
· Information – Education – Communication (IEC)
· Séances d’écoute individuelle et collective
· Séances d’animation en groupes
· Sortie pédagogique avec thèmes
· Sujet de recherche individuel par enfant suivant un thème choisi par lui.
· Activités socio éducatives et extra muros (Sketch, théâtre, Chants, poèmes, visite d’institution, d’organisation et d’entreprise)
· Formation de relais santé communautaire
· Pratique du sport
Au départ de l’action, l’objectif recherché qui était le retrait définitif des enfants de la décharge comme contribution à la lutte contre les pires formes de travail des enfants devait se traduire par les résultats suivants :
· l’encouragement à l’éducation et à la formation des enfants
· la mise en place d’un système d’éducation et de formation des enfants de la zone à travers l’érection d’un centre d’éducation et de formation qui peut servir dans la création de passerelles et soutenir plusieurs formes de réinsertion sociale (transferts des enfants vers les écoles et centres classiques, formation des jeunes, etc.)
· la reconnaissance sociale des récupérateurs à travers leur travail et la mobilité professionnelle des récupérateurs vers d’autres milieux professionnels
Au terme des 6 années d’exercice du projet, les résultats suivants ont été recensés :
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Stratégie/approche / Principales étapes de l’initiative
La stratégie du projet était basée sur les actions suivantes :
· l’appui financier des parents sous forme de prêt pour combler le manque à gagner causé par le retrait de l’enfant du travail dans la décharge
· l’appui en transport des enfants durant leur formation sous forme de bourse
· l’éducation et la formation des jeunes dans les filières artisanales et techniques (menuiserie bois, mécanique auto, couture, coiffure, menuiserie métallique, art ménager, etc.) et l’alphabétisation en français et en ouolof.
· Une démarche participative qui a permis l’implication de tous les acteurs de la zone (par exemple, les notables et élus locaux participent aux séances d’évaluation, aux ateliers d’échange, etc.) et ayant favorisé la création d’autres instances de concertation comme le CDL de Malika
· Un corps d’animateurs-relais était mis en place, chargé de suivre les enfants au niveau des maisons, ateliers, etc. L’information recueillie était remonté auprès du Comité de gestion qui, le cas échéant, mandatait une personne pour des séances d’écoute avec la personne concernée (parent, enfant, etc.) en vue de trouver une solution adéquate. Ces animateurs étaient recrutés parmi les récupérateurs eux-mêmes.
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Réinsertion sociale des enfants chiffonniers de Mbeubeuss
La crise agricole née des mauvaises pluviométries doublée d’une politique agricole souvent à la défaveur des paysans a occasionné une pauvreté grandissante en milieu rural ; ayant entraîné un exode rural progressif vers les villes et à un rythme jamais égalé dans les années 80. Les villages de Malika et keur massar ont été des zones de concentration de ces populations dans la région de Dakar. La Banlieue fut « un bassin de réception » sans aucune stratégie d’accompagnement, notamment en ce qui concerne les infrastructures ;
En effet, dans les années 90, le site de Mbeubeuss (Malika) donnait l’impression d’un lieu « perdu » dans la nomenclature des endroits aptes à obtenir un quelconque regard et /ou reconnaissance sociale de la part des autorités. Les enfants et adolescents étaient souvent laissés à eux même. Comme alternative, ils travaillaient dans la décharge pour gagner de l’argent. Ils collectaient dans les déchets des produits tels que la ferraille, le verre, les produits désinfectants, le plastique, etc. Les commerçants Baol-Baol achètent ces produits pour ensuite les réinvestir dans le marché.
Par ailleurs, il y’avait dans cette population des jeunes filles et garçons qui travaillaient soit dans le commerce ou la récupération. Ces jeunes enfants (08 à 15 ans) qui étaient des soutiens de familles gagnaient journalièrement 1000 à 2000 FCFA. Du fait de l’isolement des familles, pour la majeure partie au début du projet, ces enfants ne disposaient pas de pièce d’état civil.
Dans cette population jeune, les filles s’adonnaient le plus souvent aux petits commerces et les garçons travaillaient dans les domaines occupés par les hommes comme la récupération du plastique, du fer, du verre….
Cette situation favorisait une certaine violence exercée par les adultes sur ces enfants comme la pédophilie, le viol, la prostitution des mineurs et l’exploitation des enfants dans le travail.
Sur la base de ses activités de recherche-action menées dans la zone, qui ont fait remonter tous ces constats, Enda Graf, en collaboration avec l’Association des Récupérateurs de Mbeubeuss, initia un projet afin de donner une seconde chance d’apprentissage, de qualification et d’insertion aux enfants de la localité.
Le projet de réinsertion sociale des enfants chiffonniers est une action qui voulait donner une réponse concrète à la question du droit des enfants à une éducation et une formation de qualité.
Le projet est issue donc d’une recherche action à l’initiative d’Enda Graf Sahel, ayant abouti à un Programme de retrait définitif des enfants de la Décharge publique d’ordures de Mbeubeuss avec l’appui du programme LIVE et BIT (Programme IPEC, 1999), en partenariat avec l’association des récupérateurs adultes, les parents d’enfants et la Mairie de Malika. Le projet a duré 6 années et a évolué depuis vers un Centre Polyvalent de Formation, qui continue depuis à s’investir dans le champ de l’éducation et de la formation.
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